Calculer et choisir un SLT
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Aller plus loinLes SLT en chiffres : tension de contact, double défaut, choix
Le TT en chiffres : pourquoi le différentiel est indispensable
En TT, le courant de défaut revient au transformateur par le sol. Il traverse deux prises de terre en série : celle de l'installation, RA, et celle du neutre du transformateur, RB. Exemple : RA = 30 Ω, RB = 5 Ω.- Courant de défaut : Id = 230 / (30 + 5) ≈ 6,6 A ;
- tension entre la carcasse et le sol : Uc = 30 × 6,6 ≈ 197 V. Mortelle !
Condition en TT : RA × IΔn ≤ 50 V
C'est l'origine de la fameuse valeur de 100 Ω : avec le 500 mA du disjoncteur de branchement, 50 / 0,5 = 100 Ω. Avec un 30 mA, la terre pourrait monter jusqu'à 50 / 0,03 ≈ 1 670 Ω : c'est pour cela que le 30 mA protège même avec une mauvaise terre (voir le cours sur le différentiel).Le TN en chiffres : la tension de contact et le temps
En TN, les masses sont reliées au neutre par le conducteur de protection. Un défaut devient un court-circuit : le courant revient par le PE, sans passer par le sol.Ce que vaut la tension de contact : si le PE a la même section que la phase, le défaut se partage la tension à égalité entre les deux conducteurs. La carcasse monte à environ la moitié de 230 V, soit 115 V : bien au-delà des 50 V supportables.
Pour se le représenter :
Deux tuyaux identiques en série, l'aller et le retour : à mi-chemin, on trouve la moitié de la pression. La carcasse est branchée à mi-chemin.
La tension est dangereuse, mais le courant est énorme : c'est lui qui sauve. Il faut que le disjoncteur coupe très vite, en quelques dixièmes de secondeLe temps maximal de coupure est fixé par la norme selon la tension et le type de circuit : valeur à vérifier dans la version en vigueur. : c'est le rôle du magnétique.Deux tuyaux identiques en série, l'aller et le retour : à mi-chemin, on trouve la moitié de la pression. La carcasse est branchée à mi-chemin.
Exemple : 30 m de câble 2,5 mm², phase et PE. Chaque conducteur : 0,0225 × 30 / 2,5 = 0,27 Ω. Avec 0,1 Ω en amont : Id ≈ 230 / (0,1 + 0,27 + 0,27) ≈ 360 A. Un C16 déclenche en magnétique au plus tard à 160 A : il coupe instantanément.
- Si la ligne est trop longue, l'Id tombe sous le seuil magnétique : c'est la longueur maximale du cours sur le court-circuit, qui devient ici une question de sécurité des personnes.
- Solution quand la longueur est dépassée : augmenter la section, choisir une courbe B, ou ajouter un différentiel.
- En TN-C, une coupure du PEN laisse les masses reliées à la phase à travers les récepteurs : d'où l'interdiction de le couper et sa section minimale.
L'IT : premier et second défaut
Au premier défaut, le neutre isolé n'offre pas de chemin franc de retour. Seul un petit courant passe à travers les capacités du réseau.Exemple : réseau de 0,5 µF par phase par rapport à la terre. Le courant du premier défaut vaut environ 3 × C × ω × U0 = 3 × 0,5 × 10−6 × 314 × 230 ≈ 0,11 A. Les masses étant à la terre par RA = 10 Ω, la tension de contact reste de 10 × 0,11 ≈ 1,1 V. Aucun danger, aucune coupure : le CPI signale.
Pour se le représenter :
Un premier pneu crevé sur un camion à roues jumelées : on roule encore, l'alarme s'allume. Le second pneu crevé sur la même roue, c'est l'arrêt brutal.
Au second défaut, sur une autre phase, le courant passe d'une phase à l'autre par les masses : c'est un court-circuit, sous la tension composée de 400 V si le neutre n'est pas distribué.Un premier pneu crevé sur un camion à roues jumelées : on roule encore, l'alarme s'allume. Le second pneu crevé sur la même roue, c'est l'arrêt brutal.
Exemple : deux moteurs en défaut, chacun alimenté par un départ de 0,4 Ω phase et PE compris. La boucle fait 0,8 Ω : Id = 400 / 0,8 = 500 A. Les disjoncteurs des deux départs doivent déclencher, exactement comme en TN.
- Mêmes calculs de longueur maximale qu'en TN : à défaut, un différentiel par départ ou par groupe de départs.
- Neutre distribué : les calculs se font avec 230 V, les longueurs permises sont plus courtes, et le neutre doit être protégé (chapitre 5).
Chercher le premier défaut en IT
Le schéma IT n'a de sens que si l'on élimine le premier défaut avant qu'un second n'arrive. Le contrôleur permanent d'isolement, le CPI, mesure en continu la résistance d'isolement entre le réseau et la terre, en injectant un petit signal.- L'électricien règle ses seuils : une préalarme, puis une alarme, lorsque l'isolement descend sous les valeurs choisies.
- Sur beaucoup de CPI, l'isolement s'affiche en permanence : une baisse lente, mois après mois, annonce un défaut à venir.
La recherche, départ par départ :
- Le CPI, ou un injecteur mobile, envoie un signal basse fréquence dans le réseau ;
- ce signal ne retourne à la terre que par le défaut ;
- une pince de détection, placée autour de chaque départ, le repère : on remonte ainsi jusqu'au départ, puis jusqu'à l'appareil en défaut, sans rien couper.
Pour se le représenter :
On verse un colorant dans le réseau d'eau : seule la canalisation qui fuit le laisse s'échapper, et on le suit jusqu'au trou.
Tant que le premier défaut n'est pas trouvé, l'installation fonctionne... mais n'a plus de filet de sécurité. D'où l'exigence d'un personnel compétent présent sur le site.On verse un colorant dans le réseau d'eau : seule la canalisation qui fuit le laisse s'échapper, et on le suit jusqu'au trou.
Groupe électrogène, onduleur : vous créez le schéma
Le distributeur choisit le schéma de son réseau. Mais dès qu'une installation fabrique son propre 230 V, avec un groupe électrogène, un onduleur de secours ou le convertisseur d'un site isolé, c'est l'installateur qui décide du schéma.- Sortie laissée flottante : c'est un IT sans CPI. Le premier défaut passe inaperçu, le second peut tuer, et un différentiel ne déclenche pas faute de chemin vers la terre.
- Relier le neutre de la source à une prise de terre et installer un différentiel 30 mA : on retrouve un schéma TT ou TN, et une protection qui fonctionne.
- Ou bien garder volontairement un IT, avec un CPI et un personnel formé : c'est le choix des blocs opératoires et de nombreux navires.
Le cas du site isolé et de l'onduleur hybride est détaillé dans leurs cours respectifs, en bas de page.
Choisir un schéma
| TT | TN-C | TN-S | IT | |
|---|---|---|---|---|
| Au 1er défaut | coupure par le différentiel | coupure par le disjoncteur | coupure par le disjoncteur | alarme, pas de coupure |
| Protection des personnes | bonne, avec 30 mA | par le seul disjoncteur | bonne, différentiel possible | excellente si le 1er défaut est traité |
| Déclenchements intempestifs | sensible | très peu | sensible avec 30 mA | très peu |
| CEM | moyenne | mauvaise | très bonne | délicate |
| Coût, compétence | simple, économique | économique | un conducteur de plus | CPI, électricien sur place |
| Où ? | logements, petites entreprises | grosses sections en industrie | industrie, tertiaire, informatique | hôpitaux, process continus, navires |
En France, le distributeur impose le TT aux particuliers. Ailleurs, le choix est un compromis entre la sécurité des personnes, la continuité de service, la sensibilité aux perturbations et le coût. Souvent, plusieurs schémas cohabitent sur un même site : TN-C pour la grosse puissance, TN-S en aval pour les bureaux, IT pour un atelier qui ne doit jamais s'arrêter.
L'essentiel à retenir
- TT : Id = U0 / (RA + RB) est trop faible pour un disjoncteur ; le différentiel est obligatoire, avec RA × IΔn ≤ 50 V.
- TN : le défaut est un court-circuit, la carcasse monte vers la moitié de la tension ; le disjoncteur doit couper vite, d'où la longueur maximale.
- IT : le premier défaut est sans danger mais doit être trouvé vite ; le second est un court-circuit à couper comme en TN.
- Source autonome : une sortie flottante est un IT sans surveillance ; on relie le neutre à la terre avec un différentiel, ou on surveille avec un CPI.
- Choix : un compromis entre sécurité, continuité de service, CEM et coût.
Cours extrait des parcours : INDUSELEC & HABPROELEC






