Alimentation à découpage : dépanner
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Aller plus loinL'alimentation à découpage : flyback, pannes, dépannage
Le flyback, l'alimentation de tous les chargeurs
Le chapitre 3 présente la conduction directe et le push-pull. La topologie la plus répandue pour les petites puissances, chargeurs de téléphone, alimentations de box ou d'écran, est pourtant une autre : le flyback, ou alimentation à accumulation.- Transistor fermé : le courant monte dans le primaire du transformateur, qui stocke de l'énergie dans son noyau, ½ × L × I² (cours sur les passifs R, L, C). Le secondaire est câblé en sens inverse : sa diode est bloquée, rien ne passe encore.
- Transistor ouvert : le champ s'effondre, la tension s'inverse, la diode conduit. Toute l'énergie stockée passe au secondaire et recharge le condensateur de sortie.
Pour se le représenter :
Remplir un seau au robinet, puis aller le vider de l'autre côté du mur : on ne verse jamais en même temps qu'on remplit.
Remplir un seau au robinet, puis aller le vider de l'autre côté du mur : on ne verse jamais en même temps qu'on remplit.
- Le transistor subit à l'ouverture la tension d'entrée, environ 325 V, plus la tension renvoyée par le secondaire et une pointe due aux fuites du transformateur : on y trouve des MOSFET de 600 à 800 V, et un petit circuit d'écrêtage sur le primaire (cours sur les actifs discrets).
Réguler à travers l'isolement
La tension de sortie doit être mesurée au secondaire, mais le circuit de commande du transistor est au primaire, relié au secteur. Comment faire passer l'information sans perdre l'isolement ?- Au secondaire, un petit composant de référence, souvent un TL431, compare une fraction de la tension de sortie, prise par un pont diviseur, à sa référence interne de 2,5 V (voir l'Aller plus loin des passifs : le pont diviseur) ;
- si la sortie monte trop, il allume davantage la LED d'un optocoupleur ;
- au primaire, le phototransistor de l'optocoupleur dit au circuit de commande de réduire le temps de conduction (chapitre 2 : le rapport cyclique).
Pour se le représenter :
Deux pièces séparées par une vitre : celui qui surveille le niveau fait des signes lumineux à celui qui tient le robinet. L'information passe, l'électricité non.
Deux pièces séparées par une vitre : celui qui surveille le niveau fait des signes lumineux à celui qui tient le robinet. L'information passe, l'électricité non.
Les chargeurs USB qui négocient
Un chargeur USB récent ne fournit que 5 V au branchement. L'appareil dialogue ensuite avec lui par les fils du câble et demande une tension plus élevée, 9, 15 ou 20 V, parfois davantage selon la version de la normeNorme USB Power Delivery : les tensions et puissances maximales dépendent de sa version et du câble utilisé.. Le chargeur modifie simplement son pont diviseur de régulation : même puissance, moins de courant, des câbles moins sollicités.
- Une panne de la boucle de régulation, optocoupleur ou TL431, fait monter la tension de sortie : les bonnes alimentations ont une protection contre les surtensions de sortie qui coupe tout.
Plus rapide, plus petit : le GaN
Plus la fréquence de découpage est élevée, plus le transformateur et les condensateurs peuvent être petits : ils ont moins d'énergie à stocker à chaque cycle (chapitre 2 : choix de la fréquence de découpage).- Mais chaque commutation coûte un peu d'énergie (cours sur les actifs discrets : pertes en commutation) : doubler la fréquence double ces pertes, et le transistor chauffe.
- Les transistors au nitrure de gallium, GaN, commutent bien plus vite que ceux au silicium : leurs pertes par commutation sont faibles, et la fréquence peut monter à plusieurs centaines de kHz.
À retenir : monter en fréquence réduit la taille, mais augmente les pertes en commutation et les perturbations. Chaque technologie de transistor a sa fréquence optimale.
- Des fronts plus rapides rayonnent davantage : les alimentations à découpage sont une source majeure de perturbations, d'où leurs filtres d'entrée et leurs ferrites (cours CEM).
Les pannes typiques
| Symptôme | Cause fréquente |
|---|---|
| elle siffle, la tension ondule, l'appareil se réinitialise | condensateurs de sortie fatigués, souvent bombés (voir l'Aller plus loin de Redresser et filtrer) |
| elle démarre, coupe, redémarre en boucle, en faisant « tic-tic » | la protection se déclenche : court-circuit en sortie, condensateur défaillant, charge trop forte |
| rien du tout, fusible intact | circuit de démarrage coupé, résistance de démarrage ouverte, circuit de commande défaillant |
| fusible grillé, parfois noirci | court-circuit franc au primaire : pont de diodes, MOSFET, condensateur d'entrée |
| tension de sortie trop haute | optocoupleur ou TL431 défaillant |
- Un fusible grillé noirci n'est jamais la panne : c'est la conséquence. Le remplacer sans chercher la cause, c'est le faire sauter à nouveau, parfois avec quelques composants en plus.
- Un fusible intact mais une CTN d'entrée fendue, ou une résistance de puissance brûlée, orientent aussi le diagnostic (voir l'Aller plus loin de Redresser et filtrer : le courant d'appel).
À retenir : sur une alimentation qui a fonctionné des années, les condensateurs chimiques sont les premiers suspects, surtout près des parties chaudes.
Dépanner en sécurité
Une alimentation à découpage a son côté primaire relié directement au secteur : ce n'est pas de la TBTS, et les précautions sont celles d'une intervention au voisinage de pièces nues sous tension, réservée aux personnes formées et habilitées (cours sur l'habilitation et la consignation).- Le condensateur d'entrée reste chargé à près de 325 V après le débranchement : mesurer, puis décharger à travers une résistance (voir l'Aller plus loin de Redresser et filtrer : la sécurité) ;
- l'oscilloscope : sa masse est reliée à la terre. La brancher sur le primaire met un point du secteur en court-circuit. On utilise une sonde différentielle, ou l'on alimente la carte par un transformateur d'isolement (cours sur l'oscilloscope et sur les transformateurs).
La lampe en série
Pour la première mise sous tension après réparation, on alimente l'alimentation à travers une lampe à incandescence de 60 à 100 W placée en série :
- si la réparation est bonne, la lampe s'allume brièvement, le temps de charger le condensateur, puis reste presque éteinte ;
- s'il reste un court-circuit, la lampe s'allume franchement et limite le courant à quelques centaines de milliampères : rien ne grille, et l'on sait qu'il faut chercher encore.
Pour se le représenter :
La lampe en série, c'est un fusible qui ne fond jamais et qui prévient en s'allumant.
La résistance d'un filament froid est bien plus faible qu'à chaud (cours sur la résistivité) : c'est ce qui la rend si pratique, presque transparente à faible courant, limitante dès que le courant monte.La lampe en série, c'est un fusible qui ne fond jamais et qui prévient en s'allumant.
L'essentiel à retenir
- Flyback : le transformateur stocke l'énergie pendant la conduction et la restitue à l'ouverture ; isolement et rapport de tension en un seul composant.
- Régulation : un TL431 et un optocoupleur renvoient l'information du secondaire au primaire, à travers l'isolement ; les chargeurs USB négocient leur tension.
- GaN : des transistors plus rapides, une fréquence plus élevée, des chargeurs plus petits ; mais plus de perturbations à maîtriser.
- Pannes : condensateurs chimiques d'abord ; un fusible grillé est une conséquence, jamais la cause.
- Sécurité : primaire au potentiel du secteur, condensateur chargé à 325 V, oscilloscope avec sonde différentielle ou transformateur d'isolement, lampe en série pour la remise sous tension.
Cours extrait des parcours : INDUSTRONIC & ENERGELEC






