Choisir un onduleur ou un convertisseur
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Aller plus loinL'onduleur en pratique : secours, convertisseur, sécurité
Les trois familles d'onduleurs de secours
L'onduleur de secours, ou ASI, alimentation sans interruption, associe une batterie, un chargeur et un onduleur (chapitre 2). Mais il existe trois architectures :| Type | En temps normal | Coupure du réseau | Usage |
|---|---|---|---|
| off-line | le réseau passe directement | bascule en quelques millisecondes | ordinateur de bureau, box |
| line-interactive | le réseau passe, corrigé par un autotransformateur si la tension est trop haute ou trop basse | bascule rapide | serveurs modestes, réseau à tension instable |
| on-line, double conversion | tout passe en permanence par le redresseur puis l'onduleur | aucune bascule | informatique critique, médical, industrie |
- L'on-line fournit une tension parfaite en toutes circonstances, et isole la charge des perturbations du réseau (voir l'Aller plus loin d'Alternatif : creux, microcoupures). En contrepartie, il travaille en permanence : rendement plus faible, chaleur, ventilateur audible.
- L'off-line est simple et économique, mais la charge subit les défauts du réseau jusqu'à la bascule.
Pour se le représenter :
L'off-line est une roue de secours dans le coffre : il faut s'arrêter pour la monter. L'on-line, c'est rouler en permanence sur une roue qui ne crève jamais, au prix d'une consommation plus élevée.
L'off-line est une roue de secours dans le coffre : il faut s'arrêter pour la monter. L'on-line, c'est rouler en permanence sur une roue qui ne crève jamais, au prix d'une consommation plus élevée.
VA, W et autonomie
Une fiche d'onduleur affiche deux puissances, par exemple 1 000 VA / 600 W (voir l'Aller plus loin de la puissance en monophasé : un onduleur a deux limites).- On additionne les watts des appareils, sans dépasser 600 W ;
- et l'on vérifie les VA : les alimentations électroniques ont un facteur de puissance inférieur à 1.
Estimer l'autonomie
Exemple : un onduleur à deux batteries 12 V 9 Ah en série, soit 24 V et 216 Wh, alimente 300 W avec un rendement de 85 %.
- La batterie fournit 300 / 0,85 ≈ 350 W, soit près de 15 A sous 24 V ;
- à ce régime élevé, une batterie au plomb ne rend qu'une partie de sa capacité (effet Peukert : voir le cours sur le site isolé), souvent autour de 60 %, soit 130 Wh ;
- autonomie : 130 / 350 ≈ 20 minutes.
À retenir : un onduleur de bureau sert à terminer proprement son travail et à éteindre, pas à tenir des heures. Les fabricants publient des courbes d'autonomie en fonction de la charge : ce sont elles qu'il faut lire.
- Les batteries d'un onduleur vieillissent, surtout au chaud : au bout de quelques années, l'autonomie fond. Un test périodique, coupure simulée, le révèle (voir l'Aller plus loin des accus et batteries : tester une batterie).
Sinus pur ou pseudo-sinus ?
Le chapitre 2 présente les deux familles : le pseudo-sinus, carré ou MLI non filtrée, et le sinus pur, filtré. Selon l'appareil branché, la différence est nulle ou décisive :| Appareil | Pseudo-sinus |
|---|---|
| chauffage, lampe à incandescence, bouilloire | sans souci : seule compte la valeur efficace |
| électronique simple, chargeur de téléphone | en général sans souci |
| alimentation d'ordinateur à correction du facteur de puissance | peut siffler, chauffer ou se mettre en défaut |
| moteur, compresseur de réfrigérateur, pompe | chauffe, bourdonne, perd du rendement |
| transformateur, appareil à alimentation linéaire | chauffe et ronfle |
| horloge, minuterie, variateur de lumière | fonctionnement erratique |
Pourquoi ? Un signal carré contient de nombreuses harmoniques (voir l'Aller plus loin de la puissance en monophasé). Les bobines et les noyaux magnétiques les voient passer et chauffent ; les condensateurs d'entrée reçoivent des pointes de courant à chaque front raide.
À retenir : dès qu'un moteur ou une alimentation d'ordinateur récente est concerné, le sinus pur s'impose. Le pseudo-sinus ne se justifie plus que pour des charges simples et un budget serré.
Un multimètre non TRMS mesure mal la sortie d'un onduleur pseudo-sinus : voir l'Aller plus loin des multimètres.Le convertisseur 12 V vers 230 V
Un convertisseur de camping-car ou de bateau transforme le 12 V d'une batterie en 230 V. La puissance, elle, se conserve, au rendement près : le courant côté batterie est énorme.- Exemple : 1 000 W côté 230 V, rendement 90 %. Côté batterie : 1 000 / 0,9 ≈ 1 110 W, soit 1 110 / 12 ≈ 93 A, et plus de 100 A quand la batterie baisse vers 11 V.
- Sous 230 V, ces 1 000 W ne demandent que 4,3 A.
- La section : des câbles de 25 à 35 mm² pour une liaison courte. Même alors, 2 m de câble aller et 2 m retour en 25 mm² font 0,0225 × 4 / 25 ≈ 3,6 mΩ : sous 100 A, 0,36 V perdus, 3 % de la tension (voir l'Aller plus loin de la résistivité) ;
- le fusible, au plus près de la batterie : un court-circuit sur ces câbles délivre des milliers d'ampères (voir l'Aller plus loin des accus et batteries : la résistance interne) ;
- la batterie : 100 A, c'est un régime très élevé pour une batterie au plomb de servitude.
À retenir : au-delà de quelques centaines de watts, passer en 24 V divise le courant par deux, en 48 V par quatre. C'est pourquoi les installations autonomes de forte puissance travaillent en 48 V (cours sur le site isolé).
La sécurité de la sortie 230 V
Un convertisseur ou un onduleur autonome fabrique son propre 230 V, souvent flottant : aucune de ses deux sorties n'est reliée à la terre.- C'est un schéma IT sans surveillance (voir l'Aller plus loin des schémas de liaison à la terre : groupe électrogène, onduleur) : un premier défaut passe inaperçu ;
- un différentiel placé en aval ne déclenche pas, faute de chemin de retour vers la source par la terre ;
- un second défaut, ou une personne qui touche une phase et une masse en défaut, peut être dangereux.
- pour un seul appareil branché directement sur le convertisseur, la sortie flottante limite le risque, comme un transformateur d'isolement (cours sur les transformateurs) ;
- pour alimenter une petite installation, relier le neutre de la sortie à une masse et à la terre, puis protéger par un différentiel 30 mA, selon les indications du fabricant ;
- ne jamais raccorder un convertisseur ou un onduleur portatif à l'installation d'un logement par une simple prise : il faut un inverseur de source, pour ne pas renvoyer du 230 V sur le réseau pendant une coupure, au risque d'électrocuter un agent qui intervient.
Pour se le représenter :
Brancher un groupe ou un onduleur sur une prise du logement pendant une coupure, c'est remettre de l'eau dans une canalisation qu'un plombier croit vide.
Brancher un groupe ou un onduleur sur une prise du logement pendant une coupure, c'est remettre de l'eau dans une canalisation qu'un plombier croit vide.
L'essentiel à retenir
- Onduleur de secours : off-line simple, line-interactive qui corrige la tension, on-line qui ne bascule jamais mais consomme plus.
- VA, W et autonomie : respecter les deux limites ; l'autonomie d'un onduleur de bureau se compte en minutes, et fond avec l'âge des batteries.
- Sinus pur ou pseudo-sinus : pseudo-sinus pour les charges résistives et simples ; sinus pur pour les moteurs et les alimentations modernes.
- Convertisseur 12 V : près de 100 A pour 1 000 W ; grosse section, fusible au plus près, et 24 ou 48 V dès que la puissance monte.
- Sécurité : sortie souvent flottante ; neutre à la terre et différentiel pour une installation ; jamais de raccordement sur un logement sans inverseur de source.
Cours extrait des parcours : INDUSTRONIC & ENERGELEC






