Choisir R, L et C en pratique
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Aller plus loinChoisir ses composants passifs en pratique
Pourquoi 4,7 kΩ et pas 5 kΩ ? Les séries normalisées
Les valeurs de résistances, et de condensateurs, ne sont pas rondes : elles suivent des séries normalisées. Chaque valeur vaut la précédente multipliée par un même coefficient, de sorte que les tolérances se touchent sans trou.- E12, pour une tolérance de ±10 % : 12 valeurs par décade, chacune environ 1,21 fois la précédente :
1,0 ; 1,2 ; 1,5 ; 1,8 ; 2,2 ; 2,7 ; 3,3 ; 3,9 ; 4,7 ; 5,6 ; 6,8 ; 8,2 - E24, pour ±5 % : 24 valeurs, qui ajoutent 1,1 ; 1,3 ; 1,6 ; 2,0 ; 2,4 ; 3,0 ; 3,6 ; 4,3 ; 5,1 ; 6,2 ; 7,5 ; 9,1 ;
- E48, E96 et au-delà pour les tolérances de 2 % et 1 %.
Pour se le représenter :
Une 4,7 kΩ à ±10 % vaut entre 4,23 et 5,17 kΩ ; la suivante, 5,6 kΩ, commence à 5,04 kΩ. Les fourchettes se chevauchent : n'importe quelle valeur tombe dans l'une d'elles. Il n'y a donc aucune raison de fabriquer une « 5 kΩ ».
Besoin d'une valeur exacte ? On associe (chapitre 4) : 4,7 kΩ + 330 Ω = 5,03 kΩ en série ; ou deux 10 kΩ en parallèle = 5 kΩ.Une 4,7 kΩ à ±10 % vaut entre 4,23 et 5,17 kΩ ; la suivante, 5,6 kΩ, commence à 5,04 kΩ. Les fourchettes se chevauchent : n'importe quelle valeur tombe dans l'une d'elles. Il n'y a donc aucune raison de fabriquer une « 5 kΩ ».
La puissance et la tension d'une résistance
Une résistance dissipe P = U² / R = R × I². Sa puissance nominale, 1/4 W, 1/2 W, 1 W..., n'est garantie qu'à température ambiante modérée : au-delà, souvent vers 70 °CSeuil courant de déclassement ; la courbe exacte figure sur la fiche du fabricant., la puissance admissible diminue. On prend donc une marge, par exemple le double.Exemple 1 : une LED sous 12 V. LED de 2 V, 20 mA. R = (12 − 2) / 0,02 = 500 Ω : on prend la valeur E12 au-dessus, 560 Ω, qui donne 17,9 mA. Puissance : 560 × 0,0179² ≈ 0,18 W. Une 1/4 W serait à sa limite : une 1/2 W est plus sûre.
Exemple 2 : une résistance de décharge sur le secteur. 100 kΩ entre phase et neutre : P = 230² / 100 000 ≈ 0,53 W. Il faut au moins 1 W. Mais il y a un second piège :
- chaque résistance a aussi une tension maximale, souvent 200 à 350 V pour une petite résistance traversante, parfois bien moins pour un composant monté en surface. Sous 325 V crête, on en met deux ou trois en série : la tension se partage.
À retenir : une résistance se choisit sur trois critères : sa valeur, sa puissance, et sa tension.
Les résistances bobinées de puissance supportent bien la chaleur, mais sont inductives (chapitre 1) : à éviter en haute fréquence.Publicité
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Le pont diviseur et sa charge
Deux résistances en série divisent une tension : Us = Ue × R2 / (R1 + R2). Avec 10 kΩ et 10 kΩ sous 12 V : 6 V. Mais seulement tant que rien ne consomme sur la sortie.Branchons une charge de 10 kΩ sur la sortie : elle se met en parallèle sur R2. 10 kΩ // 10 kΩ = 5 kΩ, et Us = 12 × 5 / (10 + 5) = 4 V au lieu de 6 V.
- Règle pratique : le courant qui traverse le pont doit être au moins dix fois celui de la charge, pour que la tension ne bouge presque pas ;
- mais alors le pont consomme en permanence : un pont diviseur n'est pas une alimentation. Pour alimenter, on utilise un régulateur (cours sur la régulation linéaire).
Pour se le représenter :
Un réservoir à mi-hauteur alimenté par un filet d'eau : tant qu'on n'y puise rien, le niveau tient. Ouvrez un gros robinet en bas, le niveau baisse. Pour qu'il tienne, le filet doit être bien plus fort que ce qu'on puise.
Là où il est parfait : pour mesurer. Une entrée d'automate, d'ampli-op ou de multimètre, de très forte impédance, ne consomme presque rien. Le pont sert alors à ramener une tension trop élevée dans la plage de mesure (voir les calibres du voltmètre, cours sur les multimètres).Un réservoir à mi-hauteur alimenté par un filet d'eau : tant qu'on n'y puise rien, le niveau tient. Ouvrez un gros robinet en bas, le niveau baisse. Pour qu'il tienne, le filet doit être bien plus fort que ce qu'on puise.
Les familles de condensateurs et leurs pièges
| Famille | Points forts | Pièges |
|---|---|---|
| céramique, classe 1 (C0G, NP0) | très stable, précis | petites valeurs seulement |
| céramique, classe 2 (X7R, X5R) | grandes valeurs en petit boîtier, découplage | perd une grande part de sa capacité sous tension continue et avec la température |
| film | précis, supporte l'alternatif et les impulsions | encombrant |
| électrolytique aluminium | très grandes valeurs, économique | polarisé, s'use avec la chaleur |
| tantale | compact, stable | polarisé ; en surtension ou inversé, il se met en court-circuit et peut s'enflammer |
- Une céramique X5R de 10 µF, sous sa tension nominale, peut ne plus offrir que la moitié de sa valeurVoire moins selon le boîtier : les fabricants publient des courbes de capacité en fonction de la tension continue appliquée. : on la choisit avec une tension nominale bien supérieure à celle du circuit.
- La durée de vie des électrolytiques, et le rôle de la température, sont détaillés dans l'Aller plus loin du cours Redresser et filtrer.
Les condensateurs de sécurité X et Y
Sur le secteur, dans les filtres antiparasites, on trouve des condensateurs marqués X ou Y :
- X, entre phase et neutre : en cas de défaut, il se met en court-circuit, et le fusible coupe ;
- Y, entre phase et terre : conçu pour ne jamais se mettre en court-circuit, et de faible valeur pour limiter le courant de fuite vers la terre (voir le cours sur le différentiel).
À retenir : on ne remplace jamais un condensateur X ou Y par un condensateur ordinaire, même de même valeur : c'est une question de sécurité des personnes.
Les limites de la bobine : la saturation
Une bobine à noyau magnétique concentre le champ dans son noyau (cours sur l'électromagnétisme). Mais un noyau ne peut pas s'aimanter sans limite : au-delà d'un certain courant, il sature.- Saturé, le noyau n'aide plus : l'inductance s'effondre, parfois à une fraction de sa valeur ;
- la bobine ne limite plus les variations de courant : le courant monte brutalement.
- le courant de saturation, à ne jamais atteindre, même en pointe ;
- le courant thermique, qui fixe l'échauffement par la résistance du fil en service continu.
Pour se le représenter :
Une éponge qui absorbe l'eau : tant qu'elle n'est pas pleine, elle freine le flot ; une fois gorgée, tout passe d'un coup.
Une éponge qui absorbe l'eau : tant qu'elle n'est pas pleine, elle freine le flot ; une fois gorgée, tout passe d'un coup.
- Une bobine à air, sans noyau, ne sature jamais ; mais elle offre bien moins d'inductance pour sa taille.
- Rappel : la bobine stocke une énergie ½ × L × I² (chapitre 3), qu'elle restitue à l'ouverture. D'où la diode de roue libre des relais et des moteurs.
Le filtre RC et l'anti-rebond
Une résistance et un condensateur forment un filtre. La fréquence de coupure, à laquelle l'impédance du condensateur égale R (chapitre 2), vaut :fc = 1 / (2 × π × R × C) = 1 / (2 × π × τ)
- Passe-bas : R en série, C vers la masse. Les signaux lents passent, les parasites rapides sont absorbés par le condensateur. Exemple : 1 kΩ et 100 nF, fc ≈ 1,6 kHz.
- Passe-haut : on inverse R et C. Seules les variations passent, le continu est bloqué.
L'anti-rebond d'un bouton-poussoir
Un contact mécanique rebondit pendant quelques millisecondes à la fermeture : une électronique rapide voit plusieurs appuis au lieu d'un.
- Un filtre RC, par exemple 10 kΩ et 1 µF, soit τ = 10 ms (chapitre 5), lisse ces rebonds : la tension monte doucement, en une seule fois ;
- les automates programmables filtrent ainsi leurs entrées, souvent de façon réglable (cours sur l'automate programmable) ;
- le même principe filtre le signal d'un capteur bruité avant la mesure.
Pour se le représenter :
Un amortisseur de porte : on peut la pousser d'un coup sec, elle se ferme doucement, sans claquer ni rebondir.
Pour les filtres antiparasites du secteur, à bobines et condensateurs, voir les cours CEM.Un amortisseur de porte : on peut la pousser d'un coup sec, elle se ferme doucement, sans claquer ni rebondir.
L'essentiel à retenir
- Séries E12 et E24 : des valeurs en progression régulière, dont les tolérances se chevauchent ; associer pour une valeur exacte.
- Résistance : valeur, puissance avec marge et déclassement, tension maximale.
- Pont diviseur : juste à vide, faux dès qu'on le charge ; parfait pour mesurer, pas pour alimenter.
- Condensateurs : céramique classe 2 qui perd sa capacité sous tension, tantale qui s'enflamme en surtension ; X et Y jamais remplacés par des ordinaires.
- Bobine : courant de saturation et courant thermique ; saturée, elle ne limite plus rien.
- Filtre RC : fc = 1 / (2 × π × R × C) ; anti-rebond et filtrage des entrées.
Cours extrait du parcours : CEMTRONIC






