Le secret est dans l'électron
Le secret est dans l'électron : le spin
Le courant qui fait tourner la boussole
En 1820, le Danois Hans Christian Ørsted fait passer un courant dans un fil, près d'une boussole : l'aiguille tourne. L'électricité qui circule crée du magnétisme. Deux mois plus tard, à Paris, André-Marie Ampère va plus loin : et si un aimant contenait lui-même des courants électriques, minuscules, cachés dans la matière ?Il avait en partie vu juste, un siècle avant que l'on puisse le vérifier : le magnétisme d'un aimant vient bien de ses électrons. Et des charges immobiles, comme celles de l'électricité statique du cours Foudre et statique ? Elles n'ont aucun effet magnétique : il faut des charges en mouvement, ou l'aimant propre à chaque électron (écran suivant).
Chaque électron est un minuscule aimant
L'électron porte une charge électrique, et il se comporte aussi comme un aimant minuscule, avec son nord et son sud : c'est son spinUne propriété de l'électron, comme sa charge ou sa masse. Dans un champ magnétique, il ne peut prendre que deux orientations : « haut » ou « bas »., une propriété quantique (cours Physique quantique, en lien en fin de page). On l'imagine volontiers comme une toupie chargée qui tourne sur elle-même ; l'image aide, mais l'électron ne tourne pas vraiment : son aimantation fait partie de lui, comme sa charge.Dans un atome, les électrons se rangent le plus souvent par paires, l'un « haut », l'autre « bas » : leurs petits aimants s'annulent.
Pourquoi le fer est magnétique et pas le cuivre : les électrons de la couche 3d
Chaque électron se comporte comme un minuscule aimant, son spin. Dans un atome, les électrons se rangent par paires de spins opposés qui s'annulent. La couche 3d du cuivre est pleine : toutes les paires sont complètes, l'atome n'est pas aimanté. L'atome de fer garde quatre électrons seuls dans sa couche 3d : chaque atome de fer est un petit aimant, et dans le métal ces aimants s'alignent entre voisins.
- le cuivre a sa couche « 3d » pleine, toutes ses paires complètes ; son électron le plus externe part rejoindre les électrons libres du métal, ceux du courant électrique. Aucun aimant ne dépasse de l'atome ;
- le fer garde plusieurs électrons sans partenaire dans sa couche « 3d » : chaque atome de fer est un petit aimant.
des boussoles collées deux par deux, tête-bêche : chaque paire n'indique plus rien. Dans le fer, il reste des boussoles seules.
Pourquoi les voisins s'alignent
Des atomes aimantés ne suffisent pas : encore faut-il qu'ils regardent tous dans le même sens. Dans le fer, le cobalt et le nickel, un effet quantique, l'interaction d'échangeElle vient de la façon dont les électrons de deux atomes voisins se partagent l'espace, selon les règles de la physique quantique. Rien à voir avec l'attraction entre deux petits aimants : celle-ci n'alignerait les atomes qu'à quelques degrés du zéro absolu, alors que le fer reste ordonné jusqu'à 770 °C., pousse chaque atome à aligner son aimant sur celui de ses voisins. C'est elle qui maintient l'ordre jusqu'à des centaines de degrés (chapitre 4).Dans le chrome, au contraire, les voisins se placent tête-bêche : leurs aimants s'annulent deux à deux. Ce comportement, l'antiferromagnétisme, a été décrit par le Français Louis Néel, prix Nobel de physique en 1970.
À peine attirés, à peine repoussés : tous les autres
Les autres corps ne sont pas tout à fait indifférents aux aimants : l'effet est simplement trop faible pour un aimant de cuisine.Ferromagnétisme, paramagnétisme, diamagnétisme
Le fer, le nickel et le cobalt sont ferromagnétiques : leurs atomes aimantés s'alignent entre voisins, et un aimant les attire fortement. L'aluminium, le platine ou l'oxygène sont paramagnétiques : certains de leurs électrons gardent un petit aimant libre, mais rien ne les aligne, et un aimant les attire à peine. Le cuivre, l'eau ou le carbone sont diamagnétiques : leurs électrons créent un petit champ contraire, et un aimant les repousse à peine.
- paramagnétiques, à peine attirés : l'aluminium, le platine, l'oxygène. Certains de leurs électrons gardent un petit aimant libre, mais rien ne les aligne entre voisins : un aimant n'en oriente qu'une poignée, le temps qu'il est là ;
- diamagnétiques, à peine repoussés : le cuivre, l'eau, le carbone. Leurs électrons, tous par paires, réagissent au champ en créant un petit champ contraire.
« le cuivre n'a rien de magnétique ». Il n'est pas attiré, c'est vrai. Mais faites bouger un aimant près de lui : il le freine franchement (chapitre 6).
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