L'aimant qui tombe au ralenti
L'aimant qui tombe au ralenti : les courants de Foucault
Lâchez l'aimant
lâchez l'aimant dans chaque tube. Le cuivre n'attire pas l'aimant (chapitre 1), et pourtant... Puis essayez le tube fendu sur toute sa longueur.
Ce qui freine : des courants dans le tube
Le tube ne « voit » pas l'aimant : il voit son champ, qui change. Devant l'aimant qui arrive, le champ grandit ; derrière l'aimant qui s'en va, il diminue. Toute variation de champ fait naître une tension, et, dans un métal, des courants qui tournent en rond dans la paroi : les courants de FoucaultCourants induits dans une masse de métal par un champ qui varie. Voir la fiche Courants de Foucault, en lien en fin de page. (cours Électromagnétisme, chapitres 4 et 5).Pourquoi un aimant tombe lentement dans un tube de cuivre : les courants de Foucault
Quand un aimant tombe dans un tube de cuivre, le champ augmente sous lui et diminue au-dessus de lui. Ces variations font naître dans la paroi des courants qui tournent autour du tube, les courants de Foucault. D'après la loi de Lenz, ils s'opposent à la cause qui les crée : sous l'aimant ils le repoussent, au-dessus ils le retiennent, et l'aimant descend lentement. Dans un tube fendu, les courants ne peuvent plus faire le tour, et le freinage chute.
- ces courants créent à leur tour un champ, opposé à la variation qui les a fait naître : c'est la loi de Lenz. Sous l'aimant, ils le repoussent ; au-dessus, ils le retiennent ;
- plus l'aimant va vite, plus les courants sont forts : il atteint vite une vitesse limite, où le freinage égale son poids ;
- l'énergie de la chute ne disparaît pas : elle chauffe le tube, très peu ;
- l'aluminium conduit environ 60 % aussi bien que le cuivre : il freine moins. Le plastique ne conduit pas : il ne freine pas. Dans un tube fendu, les courants ne peuvent plus faire le tour : le freinage chute.
« le tube est aimanté ». Lâchez dans le même tube une bille d'acier non aimantée : elle tombe comme une pierre. Seul un aimant qui bouge est freiné.
Arago, 1824 : le disque qui entraîne l'aiguille
En 1824, François Arago suspend une aiguille aimantée au-dessus d'un disque de cuivre et fait tourner le disque : l'aiguille se met à tourner aussi, entraînée par un métal qui ne l'attire pas. Personne ne sait l'expliquer. En 1831, Michael Faraday découvre l'induction ; en 1855, Léon Foucault montre qu'un disque de cuivre qui tourne entre les pôles d'un électro-aimant résiste et chauffe : il est parcouru de courants, qui portent depuis son nom.Le disque d'Arago et le principe du moteur asynchrone
En 1824, François Arago fait tourner un disque de cuivre sous une aiguille aimantée suspendue : l'aiguille se met à tourner, entraînée par un métal qui ne l'attire pas. Ce sont les courants induits dans le disque, expliqués par l'induction de Faraday en 1831 et étudiés par Foucault en 1855. Le moteur asynchrone utilise le même effet : un champ tournant entraîne une cage de barres de cuivre ou d'aluminium.
Des freins sans contact
- le ralentisseur des cars et des camions : des électro-aimants font face à des disques d'acier qui tournent avec la transmission. Les courants de Foucault freinent sans contact, donc sans usure, dans les longues descentes. La société française Telma, née en 1946 dans l'Aveyron, en a fait sa spécialité ;
- les anciens compteurs électriques à disque : un aimant permanent freine le disque d'aluminium, si bien que sa vitesse reste proportionnelle à la puissance consommée ;
- la plaque à induction : un champ qui varie très vite fait naître des courants de Foucault dans le fond de la casserole, qui chauffe (cours Électromagnétisme, Aller plus loin).
pas de mouvement, pas de courant, pas de freinage. Un ralentisseur à courants de Foucault ralentit, il n'immobilise jamais : à l'arrêt, ce sont les freins ordinaires qui tiennent le véhicule.
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