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Secours réseau et îlotage

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Le secours réseau : rester allumé pendant la coupure

Ce qui reste allumé quand le réseau tombe

La sortie secourue n’est pas une option que l’on active : c’est un second tableau, séparé du premier dès la conception, et dont les départs sont choisis un par un. Ce choix se fait à l’installation, pas le jour de la coupure.
Onduleur hybrideTableau généralTableau secouruplaque de cuissonchauffe-eauclimatisationrecharge du véhiculeéclairageréfrigérateurbox et prises de bureauune pompe si besoincoupé pendant la pannereste alimenté
La règle de répartition est simple : tout ce qui chauffe reste à gauche. Une plaque de cuisson, un chauffe-eau ou une climatisation dépassent à eux seuls la puissance que l’appareil sait tenir en secours, et videraient la batterie en quelques dizaines de minutes. À droite, on ne met que l’indispensable, celui qui permet de vivre normalement : voir clair, conserver les aliments, communiquer, travailler.
Cette sobriété n’est pas une contrainte mais un calcul : une batterie de 5 kWh tient une nuit entière sur quelques centaines de watts, et vingt minutes sur une plaque.

Deux chiffres à vérifier avant d’acheter :


La puissance de la sortie secourue d’abord, souvent bien inférieure à la puissance nominale affichée sur la brochure. Un appareil vendu pour 5 kW peut n’en garantir que 3 en mode secouru.
Le temps de basculement ensuite. Les meilleurs reprennent en dix à vingt millisecondes, ce que la plupart des alimentations informatiques absorbent sans redémarrer ; d’autres demandent plusieurs secondes, ce qui éteint tout ce qui n’a pas sa propre réserve. Un hybride n’est pas un onduleur informatiqueUn ASI, alimentation sans interruption, ne coupe jamais : sa sortie est en permanence fabriquée par l’électronique. Un hybride, lui, bascule d’une source à l’autre, et ce basculement prend un temps mesurable., et ne le remplace pas sur un serveur.
N’oubliez pas les pointes de démarrage : un réfrigérateur affiché 150 W en réclame trois à cinq fois plus pendant la seconde où son compresseur démarre. Une pompe davantage encore. La sortie secourue doit donc encaisser une surcharge brève, capacité que les fiches techniques expriment par une puissance de pointe pendant quelques secondes. Trois appareils à moteur sur la même sortie, et l’on vérifie qu’ils ne démarrent pas tous ensemble.

Garder de la réserve pour la panne :


Une batterie utilisée chaque jour pour l’autoconsommation est vide chaque soir : c’est justement son rôle. Mais une batterie vide ne secourt rien.
Tous les hybrides permettent de réserver une part de la capacité, qui ne sera jamais consommée en usage normal et reste disponible pour la coupure. Réserver un tiers, c’est renoncer à un tiers de l’économie quotidienne pour gagner quelques heures d’autonomie le jour venu. Le bon réglage dépend entièrement de ce que l’on craint le plus : la facture, ou le noir.
Chez nous, le secours n’est pas un confort. Sous un climat cyclonique, une coupure ne dure pas dix minutes mais parfois plusieurs jours, et c’est souvent le seul argument qui justifie vraiment une batterie. Deux conséquences pratiques : dimensionner la sortie secourue sur les usages qui comptent réellement pendant ces épisodes, et vérifier que l’installation sait se recharger au soleil pendant que le réseau est absent. Tous les matériels n’en sont pas capables, et c’est pourtant là que tout se joue.




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Se séparer du réseau avant de fabriquer le sien

Quand la ligne tombe, l’onduleur ne peut pas se contenter de continuer : il doit d’abord se déconnecter physiquement du réseau, puis seulement ensuite fabriquer sa propre tension pour la sortie secourue. Un contacteur interne s’ouvre, et c’est lui que représente le symbole rouge du schéma.
RéseauouvertOnduleurphaseneutreSortiesecouruerelais ferméTerre
Cette séparation répond à une exigence de sécurité absolue, déjà rencontrée dans le cours Photovoltaïque sous le nom de protection de découplageElle surveille en permanence la tension et la fréquence du réseau, et ordonne la séparation dès qu’elles sortent des limites fixées par le gestionnaire. : aucune installation ne doit maintenir sous tension une ligne que l’exploitant croit coupée. Sans elle, un agent intervenant sur le réseau travaillerait à côté d’un conducteur réalimenté par une maison.
Au retour du réseau, l’opération inverse ne se fait pas d’un coup : l’appareil observe la ligne pendant une temporisation, vérifie qu’elle est stable, se resynchronise en phase, puis referme son contacteur. C’est pourquoi le réseau peut sembler revenu alors que l’installation reste encore en îlot pendant quelques minutes.

Le piège du neutre, encore lui :


Regardez le bas du schéma. Tant que le réseau est présent, le neutre de l’installation vient de lui, et sa mise à la terre se fait bien en amont. Dès que le contacteur s’ouvre, cette référence disparaît : la sortie secourue se retrouve exactement dans la situation étudiée au dernier chapitre du cours Site isolé, celle d’un réseau flottant où le différentiel ne voit plus rien.
Les appareils correctement conçus traitent ce cas avec un second relais, qui relie le neutre à la terre pendant toute la durée de l’îlotage et rouvre au retour du réseau. La protection des personnes est ainsi assurée dans les deux modes, sans jamais créer deux points de mise à la terre simultanés.
Le contrôle à la mise en service : coupez volontairement l’arrivée du réseau, laissez l’installation basculer, puis mesurez sur la sortie secourue la tension entre neutre et terre.
• Proche de zéro : le relais a bien refermé la référence, tout est correct.
• Une valeur intermédiaire et instable : la sortie flotte, et le différentiel placé derrière ne protège plus personne pendant les coupures, c’est-à-dire précisément quand la maison vit sur bougies et rallonges.
Profitez du même essai pour chronométrer le basculement et vérifier ce qui a redémarré tout seul.
En couplage alternatif, l’îlot doit convaincre les autres. Si des micro-onduleurs ou un onduleur photovoltaïque existant sont raccordés côté 230 V, ils ne redémarreront pendant la coupure que si le réseau fabriqué par l’hybride leur paraît conforme, et ils refuseront de se lancer s’il ne l’est pas. Ils doivent aussi accepter d’être bridés quand la batterie est pleine, faute de quoi l’îlot monte en tension et tout s’arrête. Entre deux marques, cette entente se vérifie avant l’achat, jamais après.




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