Groupe électrogène et couplage au réseau
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Aller plus loinL'alternateur au travail : groupe, réseau, voiture
Fréquence, tension : deux régulateurs
Un groupe électrogène, c'est un moteur thermique qui entraîne un alternateur synchrone (chapitre 2). Deux grandeurs à tenir, deux régulateurs :- La fréquence dépend de la vitesse : f = p × n / 60, avec p le nombre de paires de pôles. Un alternateur 4 pôles doit tourner à 1 500 tr/min pour donner 50 Hz. C'est le régulateur de vitesse du moteur thermique qui la tient, en dosant le carburant.
- La tension dépend de l'excitation (chapitre 2). C'est le régulateur de tension, souvent appelé AVR, qui la tient, en dosant le courant d'excitation.
- Beaucoup de groupes laissent volontairement la fréquence baisser un peu avec la charge, de quelques pour cent : c'est le statisme, qui permet à plusieurs groupes en parallèle de se partager la charge.
- Les petits groupes « inverter » redressent puis ondulent leur courant : la fréquence ne dépend plus de la vitesse du moteur, qui peut ralentir à faible charge.
La puissance d'un groupe : kVA et kW
Un groupe affiche deux puissances, par exemple 20 kVA / 16 kW.- Les kW sont limités par le moteur thermique : c'est lui qui fournit la puissance active ;
- les kVA sont limités par l'alternateur : son échauffement dépend du courant, donc de la puissance apparente.
Secours ou continu ?
Les fiches techniques distinguent souvent une puissance de secoursDésignations courantes : ESP (secours) et PRP (puissance principale, en service continu à charge variable). Les définitions exactes sont données par la norme et le fabricant., utilisable quelques heures en cas de coupure, et une puissance principale, plus faible, pour fonctionner en continu. Un groupe qui alimente un site isolé tous les jours se choisit sur la seconde.
- Déclassement : chaleur et altitude réduisent la puissance du moteur thermique, qui respire un air moins dense.
- À l'inverse, un diesel qui tourne longtemps à très faible charge s'encrasse : ne pas surdimensionner exagérément.
Démarrer un moteur sur un groupe
Un transformateur de distribution encaisse facilement l'appel de courant d'un moteur. Un groupe, beaucoup moins : il est bien plus petit, et son impédance est plus forte.Exemple : un moteur de 5,5 kW, In ≈ 11 A sous 400 V, démarré en direct.
- Courant de démarrage : 7 × 11 ≈ 77 A ;
- puissance apparente appelée : √3 × 400 × 77 ≈ 53 kVA, pendant quelques secondes.
À retenir : en démarrage direct, on compte souvent un groupe de 3 à 5 foisOrdre de grandeur courant ; le calcul exact dépend du groupe (réserve de l'alternateur, régulateurs) et de la chute de tension admise : voir le fabricant. la puissance du moteur.
Les solutions : - un variateur : il démarre avec un courant proche de In (voir l'Aller plus loin des démarrages moteur) ;
- un démarreur progressif ou un étoile-triangle, si la machine démarre presque à vide ;
- démarrer les gros moteurs en premier, un par un, avant de charger le groupe avec le reste.
Charges électroniques et court-circuit sur groupe
Les charges électroniques (variateurs, chargeurs, onduleurs, éclairage LED) appellent un courant déformé (voir l'Aller plus loin de la puissance en monophasé). Sur le réseau, le transformateur, très puissant, garde une tension propre. Sur un groupe, beaucoup plus impédant, la même charge déforme nettement la tension. D'où :- des alternateurs surdimensionnés quand la charge est surtout électronique ;
- des groupes « inverter » pour l'électronique sensible, dont la tension de sortie est reconstruite par un onduleur.
Le court-circuit sur groupe
Un groupe ne débite en court-circuit que quelques fois son courant nominalSouvent autour de 3 In pendant quelques secondes, et seulement si l'alternateur dispose d'un système d'excitation qui le permet ; sinon, le courant retombe encore. Voir la fiche du groupe., contre 15 à 25 fois pour un transformateur (voir l'Aller plus loin des transformateurs).
- Un disjoncteur dont le magnétique est réglé pour le réseau peut ne pas déclencher sur un court-circuit alimenté par le groupe.
- Il faut donc vérifier les protections pour le fonctionnement sur groupe, et assurer la protection des personnes par des différentiels, avec un neutre relié à la terre (voir l'Aller plus loin des schémas de liaison à la terre).
Coupler un alternateur au réseau
Avant de fermer le disjoncteur de couplage, l'alternateur doit présenter quatre égalités avec le réseau :- la même tension ;
- la même fréquence ;
- la même phase, à l'instant du couplage ;
- le même ordre des phases.
- Un couplage hors phase est un court-circuit : couple violent sur l'arbre, courant énorme.
Une fois couplé, le réseau commande
Couplé à un grand réseau, l'alternateur ne peut plus changer de fréquence : il tourne au synchronisme, quoi qu'il arrive.
- Plus de couple moteur : l'alternateur ne va pas plus vite, il prend une légère avance de phase et fournit davantage de puissance active.
- Plus d'excitation : la tension ne monte pas, imposée par le réseau ; l'alternateur fournit de la puissance réactive. Sous-excité, il en absorbe.
Pour se le représenter :
Un cycliste accroché à un peloton très dense : il ne peut aller ni plus vite ni plus lentement. S'il appuie plus fort, il ne gagne pas de vitesse, il pousse davantage le peloton.
Une machine synchrone qui tourne à vide, surexcitée, ne fournit que du réactif : c'est le compensateur synchrone, une grosse « batterie de condensateurs » tournante.Un cycliste accroché à un peloton très dense : il ne peut aller ni plus vite ni plus lentement. S'il appuie plus fort, il ne gagne pas de vitesse, il pousse davantage le peloton.
L'alternateur de voiture en pratique
Débit et vitesse : l'alternateur tourne 2,5 à 3 fois plus vite que le moteur, grâce au rapport des poulies. Au ralenti, il ne donne qu'une partie de son courant maximal : un alternateur annoncé 110 A n'atteint ce chiffre qu'à régime soutenu.Le bilan électrique : phares, ventilation, dégivrage, sièges chauffants, électronique... En hiver, embouteillage et ralenti, la consommation peut dépasser ce que l'alternateur fournit au ralenti : la batterie comble la différence, et se vide doucement.
Les pièges du dépannage
- Ne jamais débrancher la batterie moteur tournant. Privé de la batterie qui amortissait tout, l'alternateur produit une pointe de surtension, le « délestage de charge », qui peut détruire le régulateur et l'électronique du véhicule.
- Inversion de polarité en changeant la batterie ou en aidant un autre véhicule : les diodes de redressement et le régulateur y passent.
- Une ondulation anormale, lisible à l'oscilloscope ou en tension alternative au multimètre sur les bornes de la batterie, trahit une diode claquée.
L'essentiel à retenir
- Deux régulateurs : la vitesse fixe la fréquence (f = p × n / 60), l'excitation fixe la tension.
- kVA et kW : l'alternateur limite les kVA, le moteur thermique les kW ; secours ou service continu.
- Moteurs sur groupe : un démarrage direct appelle plusieurs fois la puissance du moteur ; variateur, démarrage réduit, gros moteurs en premier.
- Électronique et court-circuit : un groupe déforme davantage la tension et débite peu en court-circuit ; protections et différentiels à vérifier.
- Couplage au réseau : même tension, fréquence, phase et ordre des phases ; ensuite, le couple donne l'actif, l'excitation donne le réactif.
- Voiture : ne jamais débrancher la batterie moteur tournant ; les alternateurs pilotés font varier la tension.






