Lire et choisir un transformateur
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Aller plus loinLe transformateur en chiffres : plaque, ucc, pertes, parallèle
Lire la plaque d'un transformateur
Voici la plaque d'un transformateur de distribution courant :| Sur la plaque | Ce que cela veut dire |
|---|---|
| 400 kVA | puissance apparente : en VA, car le transformateur ignore le cos φ de ce qu'il alimente (chapitre 4) |
| 20 kV / 410 V | tension primaire, et tension secondaire à vide : un peu plus de 400 V pour compenser la chute de tension en charge |
| prises ±2,5 % ; ±5 % | réglage du rapport côté primaire, hors tension, pour ajuster la tension secondaire |
| Dyn11 | primaire en triangle (D), secondaire en étoile (y), neutre sorti (n), indice horaire 11, soit 330° (chapitre 5) |
| ucc 4 % | tension de court-circuit : l'écran suivant lui est consacré |
| P0 0,6 kW ; Pcc 4,6 kW | pertes à vide (fer) et pertes en charge (Joule) à la puissance nominale |
| ONAN | huile minérale, refroidissement naturel par l'huile puis par l'air. Un transformateur sec est noté AN. |
Pour se le représenter :
La plaque d'un transformateur, c'est sa carte d'identité : elle suffit pour calculer ses courants, son courant de court-circuit, sa chute de tension et son rendement. C'est ce que font les écrans suivants.
Les valeurs de pertes sont des ordres de grandeur pour cette puissance : chaque fabricant donne les siennes.La plaque d'un transformateur, c'est sa carte d'identité : elle suffit pour calculer ses courants, son courant de court-circuit, sa chute de tension et son rendement. C'est ce que font les écrans suivants.
L'ucc : chute de tension et court-circuit
L'ucc est la tension qu'il faut appliquer au primaire, secondaire en court-circuit, pour y faire circuler le courant nominal (essai du chapitre 4). Exprimée en % de la tension nominale, elle résume à elle seule l'impédance du transformateur.- Courant nominal : In = S / (√3 × U) = 400 000 / (1,732 × 400) ≈ 577 A ;
- courant de court-circuit aux bornes du secondaire : si 4 % de la tension suffisent à faire passer In, la tension entière en fait passer 25 fois plus.
Icc ≈ In / ucc = 577 / 0,04 ≈ 14,4 kA
C'est un maximum : le réseau amont et les câbles l'abaissent un peu. Les disjoncteurs du tableau général doivent donc couper au moins cette valeur (pouvoir de coupure, cours sur le court-circuit en bas de page).La puissance de court-circuit se déduit de la même façon : Scc ≈ S / ucc = 400 / 0,04 = 10 000 kVA, la valeur utilisée pour la résonance des batteries de condensateurs (cours sur la puissance en monophasé).
Le revers : la chute de tension
Cette impédance fait chuter la tension quand le transformateur débite : ici environ 3 % à pleine charge, avec un cos φ de 0,8. Les 410 V à vide deviennent environ 397 V. D'où le compromis :
- une ucc faible : peu de chute de tension, mais un courant de court-circuit élevé ;
- une ucc forte : un court-circuit mieux limité, mais davantage de chute de tension.
Pertes et rendement
- Les pertes fer, P0 : elles dépendent de la tension et de la fréquence, pas de la charge. Elles courent 24 heures sur 24, même quand rien n'est branché.
- Les pertes Joule, Pcc : elles varient comme le carré de la charge. À mi-charge, elles sont divisées par quatre.
| Charge | Puissance fournie | Pertes fer | Pertes Joule | Rendement |
|---|---|---|---|---|
| 100 % | 360 kW | 0,6 kW | 4,6 kW | 98,6 % |
| 50 % | 180 kW | 0,6 kW | 1,15 kW | 99,0 % |
| 0 % | 0 | 0,6 kW | 0 | 0 |
Le rendement est maximal quand les pertes Joule égalent les pertes fer, c'est-à-dire pour une charge de √(P0 / Pcc) = √(0,6 / 4,6) ≈ 36 %.
Le coût de l'attente : 0,6 kW × 8 760 heures ≈ 5 260 kWh par an, payés même dans un bâtiment vide. Un transformateur très surdimensionné coûte en pertes fer ; un transformateur trop juste coûte en pertes Joule.
À petite échelle, c'est la même chose : un vieux chargeur à transformateur laissé sur la prise consomme ses pertes fer en permanence.Choisir la puissance
- Additionner correctement : les puissances actives d'un côté, les réactives de l'autre, S à la fin (méthode de Boucherot, cours sur la puissance en monophasé).
- Tenir compte de la simultanéité : tous les récepteurs ne fonctionnent pas en même temps. Un atelier de 500 kVA installés, dont on estime que 60 % fonctionnent ensemble, appelle environ 300 kVA : on retient la taille normalisée au-dessus, par exemple 400 kVA, ce qui laisse une réserve pour l'avenir.
- Vérifier le démarrage des moteurs : 6 à 7 fois In au démarrage direct font chuter la tension. Le plus gros moteur doit rester petit devant le transformateur, sinon il faut un démarreur.
- Les harmoniques : un courant déformé chauffe davantage les enroulements et le noyau. Avec beaucoup d'électronique, on prend de la marge, ou un transformateur prévu pour ces courants.
Le transformateur de commande d'une machine
Une bobine de contacteur appelle, pendant sa fermeture, environ dix fois sa puissance de maintien.
Exemple : 6 contacteurs déjà maintenus à 10 VA chacun, et un 7e qui s'enclenche en appelant 100 VA : le transformateur doit fournir 160 VA pendant un instant, et non les 70 VA du régime établi.
- Choisi trop juste, sa tension s'effondre à chaque enclenchement : les contacteurs vibrent ou retombent.
- Les catalogues donnent une « puissance instantanée admissible » : c'est elle qu'il faut comparer à la pointe d'appel.
La mise sous tension : le courant d'enclenchement
À la mise sous tension, un transformateur à vide peut appeler une pointe de courant bien plus forte que son courant nominal.- Le noyau garde une aimantation rémanente de la dernière coupure ;
- selon l'instant de fermeture, le flux qui s'y ajoute le pousse jusqu'à la saturation ;
- saturé, le noyau ne limite presque plus le courant : pendant quelques alternances, la pointe peut atteindre 10 à 15 fois InOrdre de grandeur en crête pour un transformateur classique, davantage pour un torique ; la pointe s'amortit en quelques dizaines à quelques centaines de millisecondes. Voir la notice du fabricant., puis elle s'amortit.
Pour se le représenter :
Une éponge déjà presque pleine : la première vague déborde aussitôt, puis tout rentre dans l'ordre.
Conséquences pratiques : Une éponge déjà presque pleine : la première vague déborde aussitôt, puis tout rentre dans l'ordre.
- Un disjoncteur courbe C, ou un fusible rapide, peut déclencher au hasard des mises sous tension, sans aucun défaut.
- Protéger le primaire par un disjoncteur courbe D ou par des fusibles adaptés (fusibles aM).
- Pour les gros toriques, un limiteur d'enclenchement : une résistance mise en série quelques instants, puis court-circuitée.
Deux transformateurs en parallèle
Pour augmenter la puissance ou assurer un secours, on peut coupler deux transformateurs en parallèle, à condition de respecter :- le même rapport de transformation, prises de réglage comprises : sinon un courant circule en boucle entre les deux, même à vide ;
- le même indice horaire : un décalage de 30° entre les deux secondaires, c'est un court-circuit ;
- des ucc voisines, et des puissances qui ne soient pas trop différentes, au plus du simple au double.
Exemple : deux transformateurs de 400 kVA, l'un à 4 %, l'autre à 6 %. Le premier prend 60 % de la charge, le second 40 %. Le premier atteint ses 400 kVA quand l'ensemble ne fournit que 400 / 0,6 ≈ 667 kVA, et non 800.
Pour se le représenter :
Deux ressorts côte à côte sous une même planche chargée : le plus raide, celui dont l'ucc est la plus faible, porte la plus grosse part.
Deux ressorts côte à côte sous une même planche chargée : le plus raide, celui dont l'ucc est la plus faible, porte la plus grosse part.
- Avant le premier couplage, vérifier au voltmètre, entre phases de même nom des deux secondaires : 0 V attendu.
- En parallèle, les courants de court-circuit s'additionnent : revoir le pouvoir de coupure des disjoncteurs du tableau.
L'essentiel à retenir
- La plaque : S en kVA, tension secondaire à vide, couplage et indice horaire (Dyn11), ucc, pertes à vide et en charge.
- L'ucc : In = S / (√3 × U), Icc ≈ In / ucc, Scc ≈ S / ucc ; une ucc faible limite la chute de tension mais augmente le court-circuit.
- Les pertes : fer, constantes, même à vide ; Joule, comme le carré de la charge ; rendement maximal quand elles s'égalent.
- La puissance : Boucherot, simultanéité, démarrage des moteurs, harmoniques ; pour un transformateur de commande, la pointe d'appel des bobines.
- L'enclenchement : une pointe de courant normale, qui impose une protection adaptée.
- En parallèle : même rapport, même indice horaire, ucc voisines ; le courant de court-circuit s'additionne.
Cours extrait du parcours : INDUSELEC






