Rendement global et mix électrique en ZNI
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Le même moteur, deux rendements : le poids du mix
Le compteur ne dit pas tout
Le kilowattheure du compteur est de l’énergie finale : celle qui arrive chez le consommateur. L’énergie primaire est celle qu’il a fallu prélever dans la nature pour la produire : combustible brûlé, uranium fissionné, eau turbinée.En France, la réglementation retient pour l’électricité un coefficient de 1,9Coefficient de conversion utilisé notamment par le diagnostic de performance énergétique (DPE) et les audits énergétiques. Le gaz, le fioul et le bois, livrés sans transformation, sont comptés à 1. : 1 kWh consommé équivaut à 1,9 kWh d’énergie primaire. Notre moteur à 90 % ne rend donc, en énergie primaire, que 0,90 / 1,9 ≈ 47 %.
Ce coefficient est une convention, et il bouge : 2,58 jusqu’en 2021, 2,3 ensuite, 1,9 depuis le 1er janvier 2026, qui est la valeur par défaut européenne. Les centrales n’ont pas changé de rendement en si peu de temps ; c’est la façon de compter qui a évolué, pour tenir compte d’un mix de plus en plus décarboné.
C’est aussi une moyenne nationale. Elle décrit un réseau interconnecté à l’échelle d’un continent, où les centrales se relaient et s’entraident. Elle ne décrit pas une île.
Une île, un réseau
La Réunion est une zone non interconnectée (ZNI) : aucun câble ne la relie à un autre réseau. Chaque kilowattheure consommé est produit sur l’île, à l’instant même, et la production doit suivre la consommation seconde par seconde, sans voisin pour aider.Historiquement, cette production reposait largement sur des centrales thermiques au charbon et au fioul, complétées par l’hydraulique, le solaire et l’éolien. Elle est en conversion vers la biomasse, mais le principe demeure : les groupes thermiques, qui assurent la stabilité, restent soumis à Carnot.
Le kilowattheure y coûte bien plus cher à produire qu’en métropole ; le tarif reste le même grâce à la péréquation tarifaireMécanisme national qui garantit à tous les consommateurs le même tarif réglementé, le surcoût de production des zones non interconnectées étant financé par la solidarité nationale.. Le consommateur ne le voit pas sur sa facture ; le réseau, lui, le ressent. Chaque kilowattheure évité sur l’île vaut donc davantage.
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Même appareil, bilans différents
Reprenons le moteur à 90 %, et regardons-le depuis l’amont, selon ce qui l’alimente.Derrière un groupe thermique, on retrouve les 33 % du chapitre 3. Alimenté en direct par des panneaux en autoconsommation, il récupère 85 % de ce que le panneau produit (onduleur 97 %, câbles, moteur) ; mais attention, la base a changé : on ne compte plus l’énergie du soleil, qui est gratuite et inépuisable. Le rendement du panneau (20 % environ) règle alors la surface et le coût de l’installation, pas l’épuisement d’une ressource.
D’où la phrase à retenir : le rendement d’un appareil est une propriété de l’appareil ; le rendement global est une propriété du territoire. Le même moteur, la même plaque, le même câblage n’ont pas le même bilan à Saint-Denis et à Lyon, ni à midi et à minuit.
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