Rien ne se perd, rien ne se crée
Chargement page et sommaire en cours...
Rien ne se perd : la conservation de l'énergie
Une phrase célèbre, et pas tout à fait de Lavoisier
« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. » On l'attribue à Antoine Lavoisier, le père de la chimie moderne. Il ne l'a pas écrite ainsi. Dans son Traité élémentaire de chimie, en 1789, il écrit que « rien ne se crée », et que dans toute opération il y a autant de matière avant qu'après. Il parle de la masse, en chimie, pas de l'énergie.L'idée est bien plus ancienne : au Ve siècle avant notre ère, le Grec Anaxagore disait déjà que rien ne naît ni ne périt, que les choses se combinent puis se séparent.
Pour l'énergie, la règle n'apparaît qu'au milieu du XIXe siècle, trouvée par plusieurs savants presque en même temps : l'Allemand Julius Robert von Mayer en 1842, l'Anglais James Joule dans les années 1840, l'Allemand Hermann von Helmholtz en 1847.
À retenir : c'est le premier principe de la thermodynamique : l'énergie d'un système isolé ne change jamais. Elle change de forme et de place, c'est tout.
Le canon qui faisait bouillir l'eau, la roue de Joule
À la fin du XVIIIe siècle, on croit que la chaleur est un fluide invisible, le « calorique », caché dans les corps. En 1798, à l'arsenal de Munich, Benjamin Thompson, comte Rumford, fait forer un canon avec un foret émoussé, le tout plongé dans l'eau : au bout de deux heures et demie environ, l'eau bout. Et la chaleur continue de venir tant que le foret tourne. Un fluide caché dans le métal aurait fini par s'épuiser : la chaleur vient du mouvement.Dans les années 1840, près de Manchester, James Joule, fils de brasseur, fait le pas suivant : il mesure. Des poids qui descendent font tourner une roue à palettes dans l'eau, qui tiédit.
L'expérience de Joule : l'équivalent mécanique de la chaleur
James Joule fait descendre des poids qui entraînent une roue à palettes plongée dans de l'eau. Les palettes brassent l'eau, qui se réchauffe de quelques dixièmes de degré. En mesurant la hauteur de chute des poids et l'échauffement, il trouve combien de travail il faut pour réchauffer l'eau : environ 4,18 joules par gramme et par degré, la valeur admise aujourd'hui à moins de 1 % près.
Publicité
Envie de 0 pub ? Le Pass dès 9 €
La balle qui rebondit : à vous
Choisissez une balle, puis lâchez-la de 2,54 m, la hauteur du test officiel des balles de tennis.
Essayez :
lâchez chaque balle et regardez les trois barres. En haut, toute l'énergie est de hauteur ; en bas, de mouvement. À chaque choc, une partie s'échappe en chaleur et en bruit, et la balle remonte moins haut. Le total, lui, ne bouge pas.
Rebonds réels : une balle de tennis lâchée de 2,54 m doit remonter entre 1,35 et 1,47 m (règles de la Fédération internationale de tennis) ; un ballon de basket lâché de 1,80 m, entre 1,20 et 1,40 m (FIBA) ; une superballe garde environ 85 % de sa hauteur ; la pâte à modeler, rien.lâchez chaque balle et regardez les trois barres. En haut, toute l'énergie est de hauteur ; en bas, de mouvement. À chaque choc, une partie s'échappe en chaleur et en bruit, et la balle remonte moins haut. Le total, lui, ne bouge pas.
Balançoire, freins et freinage qui recharge
Une balançoire échange sans cesse hauteur et vitesse : en haut, toute son énergie est de position ; en bas, toute est de mouvement. Sans les frottements de l'air et des attaches, elle ne s'arrêterait jamais : c'est pour cela qu'il faut la relancer.Une voiture qui freine change son mouvement en chaleur, dans ses disques et ses plaquettes : après une longue descente en montagne, ils peuvent fumer. Une voiture électrique, elle, peut en récupérer une partie : en décélérant, son moteur devient alternateur et recharge la batterie (cours Alternateurs, en lien en fin de page).
Idée reçue :
« l'énergie se perd en route ». Elle ne disparaît jamais : elle se disperse en chaleur, dans l'air, dans le sol, dans les freins. On la dit « perdue » parce qu'on ne sait plus s'en servir (chapitre 4).
« l'énergie se perd en route ». Elle ne disparaît jamais : elle se disperse en chaleur, dans l'air, dans le sol, dans les freins. On la dit « perdue » parce qu'on ne sait plus s'en servir (chapitre 4).
À faire chez vous :
frottez vos mains l'une contre l'autre pendant dix secondes : elles chauffent. C'est l'expérience de Rumford, en petit.
frottez vos mains l'une contre l'autre pendant dix secondes : elles chauffent. C'est l'expérience de Rumford, en petit.
Invité, affichez le quiz :







